Les nouvelles expéditions de Franklin - La chronologie des événements

1997:

En collaboration avec le ministère de la Défense nationale, la Commission géologique du Canada, Parcs Canada et Eco-Nova, l'hydrographe responsable Jack Wilson a déployé deux embarcations pour relevés hydrographiques à partir d'un brise-glace de la Garde côtière canadienne, le NGCC Sir Wilfrid Laurier, équipés d'un sonar remorqué à faisceau unique et à balayage latéral

2000 et 2001:

l'hydrographe responsable du SHC, Andrew Leyzack, a participé aux expéditions sur fonds privés organisées dans la baie Wilmot and Crampton par le chercheur David Woodman. Dans ce cadre, le SHC a fourni un équipement sonar à faisceau unique permettant un sondage à travers la glace et une formation en soutien à un relevé hivernal réalisé à l'aide d'un magnétomètre déployé à partir d'une motoneige et d'un cométique (le komatiq ou qamutiik est un traîneau traditionnel inuit utilisé couramment dans l'Arctique). Le SHC a examiné les données bathymétriques de cette expédition hivernale et de l'expédition qui a été effectuée ensuite en été par le Nadon, un garde-côte de la Gendarmerie royale du Canada.

2007:

En s'appuyant sur les recherches antérieures, Parcs Canada a relancé l'effort conjoint de recherche des navires perdus par des discussions avec le SHC. De fructueuses conversations entre l'hydrographe responsable, Andrew Leyzack, et l'archéologue sous-marin principal, Ryan Harris, ont permis de nouer un nouveau partenariat entre les deux organismes gouvernementaux. D’autres partenaires fondateurs comprenaient le gouvernement du Nunavut, le Service canadien des glaces, l'Agence spatiale canadienne et le programme E-Space d'Environnement Canada.

2008:

Le SHC a ajouté un système sonar à balayage latéral sur une des deux embarcations pour relevés hydrographiques, Wood et Cormorant, activement déployées depuis le brise-glace de la Garde côtière canadienne, le NGCC Sir Wilfrid Laurier, pour effectuer des relevés en Arctique. Dans le cadre de cette mission, les embarcations ont été ensuite chargées de réaliser des levés et de trouver une voie de passage sud-est passant par la baie Wilmot et la baie Crampton jusqu'à l'île O’Reilly. Les nouvelles données recueillies ont permis au NGCC Sir Wilfrid Laurier d'accéder en toute sécurité à la partie méridionale de la zone de recherche et ont procuré à Parcs Canada la structure nécessaire à ses futures expéditions.

Grâce à la vedette hydrographique — le VHC Gannet — le SHC et la Garde côtière recueillent ensemble des données du fond marin.

Andrew Leyzack, hydrographe en chef du SHC et responsable du projet (de 2008 à 2012).

2010:

Les discussions ont conduit à un nouveau partenariat entre Parcs Canada et l'Arctic Research Foundation, un nouvel organisme à but non lucratif établi par les philanthropes canadiens Jim Balsillie et Tim MacDonald. Auparavant, les expéditions dirigées par Parcs Canada s'étaient heurtées à deux principales difficultés : la courte durée de la saison sur le terrain et la souplesse de la plateforme de sondage. C'est pourquoi l'Arctic Research Foundation a enrichi la flotte d'un chalutier radoubé de Terre-Neuve-et-Labrador, le Martin Bergmann. Le navire, muni d'un sonar à balayage latéral et doté d'un équipage, a été ajouté à la liste des actifs de l'expédition.

2011:

En 2011, le SHC a présenté le projet pilote de relèvement hydrographique et de cartographie de l'Arctique, destiné tout particulièrement à coordonner les multiples opérations effectuées par les partenaires, tout en reconnaissant que la cartographie de l'Arctique et les itinéraires sécuritaires de navigation fourniraient les bases cruciales dont toutes les autres opérations dépendraient. Au cours de l'année 2011, les embarcations pour relevés hydrographiques du SHC — les VHC Gannet et Kinglett — ont été spécialement équipées d'un sonar multifaisceaux et de systèmes de sonar latéral remorqués pour leur permettre de recueillir les données nécessaires du fond marin, qui pourraient être utilisées par les partenaires pour assurer une navigation sécuritaire dans les secteurs qui ne sont, en grande partie, pas cartographiés, pour détecter des caractéristiques importantes sur le plan archéologique et pour ouvrir de nouveaux passages dans des endroits de recherche hautement prioritaires pour lesquels aucune donnée n'existait auparavant. Un partenariat entre le SHC et le ministère de la Défense a permis d'introduire la technologie de sondage LIDAR « détection et télémétrie par ondes lumineuses », une technologie qui mesure les distances jusqu'à une mission donnée en utilisant des faisceaux lumineux. Bien qu'elle se limite aux eaux peu profondes, LIDAR a été fixée sur un aéronef volant au-dessus de zones cibles préalablement identifiées pour recueillir de nouvelles données sur le fond marin bordant les zones côtières et moins profondes, permettant ainsi d'améliorer l'information de façon significative sur ces secteurs qui sont autrement difficilement accessibles par bateau. De plus, la participation de l'Agence spatiale canadienne s'est accrue également de manière importante lorsque le SHC s'est joint à elle pour acquérir plus d'imagerie satellitaire en vue de pouvoir corroborer les résultats émis par LIDAR, pour déceler les dangers que recèlent les eaux peu profondes, et procéder à des recoupements avec les travaux effectués dans le cadre du projet de cartographie du littoral des zones arctiques (eSPACE) du ministère d'Environmement et Changement climatique Canada et du gouvernement du Nunavut.

2012:

Au cours des années suivantes, comme Parcs Canada organisait la participation de partenaires supplémentaires, le SHC a continué à coordonner les opérations de multipartenariat par le biais du projet pilote de relèvement hydrographique et de cartographie de l'Arctique. Le SHC a de nouveau fourni le personnel et les vedettes dotées d'un sonar multifaisceaux de même que les systèmes de sonar latéral remorqués. En particulier, le SHC a doté en personnel le navire de recherche océanographique Martin Bergmann de l'Arctic Research Foundation (ARF) et l'a doté en équipement avec un système de sonar acoustique pour relevés hydrographiques. Le SHC a également conclu un contrat avec le ministère de la Défense en vue d'obtenir plus de relevés hydrographiques grâce au système LIDAR bathymétrique aérien. Afin d'optimiser les résultats obtenus grâce à la méthode LIDAR, le SHC a fourni un soutien de contrôle au sol aux missions LIDAR, en travaillant en étroite collaboration avec le Service canadien des glaces pour mieux diriger les opérations LIDAR avec des analyses en temps réel de l'état de la mer et des glaces. De plus, les hydrographes du SHC ont travaillé étroitement avec les ingénieurs navals de l'Université de Victoria pour analyser les données recueillies grâce à un véhicule sous-marin autonome muni d'un sonar latéral interférométrique.

Chaque nouveau partenaire a contribué à améliorer les moyens d'augmenter les efforts de recherche de Parcs Canada, parallèlement au fait que la plupart des technologies utilisées ont également directement contribué à cartographier et à effectuer des relevés hydrographiques du fond marin de l'Arctique. En plus d'obtenir des opérations améliorées, on a bénéficié de documentaires sur l'ensemble de la mission grâce à la très grande participation de journalistes de CBC et de RDI. Bien que les journalistes priorisaient surtout la recherche de Parcs Canada relative aux navires perdus de Sir John Franklin, ils ont également manifesté de l'intérêt pour tous les aspects de la mission de multipartenariat au sol et à bord du bateau. Par conséquent, la logistique pour les médias a également été appuyée par le SHC comme faisant partie intégrante de son rôle de coordonnateur général.

Des essais sont effectués avec le véhicule sous-marin autonome (VSA) de l'Université de Victoria près du NGCC Sir Wilfrid Laurier qui continue sa surveillance.

Des hydrographes travaillent avec du personnel de Parcs Canada et de la Garde côtière pour déployer le sonar latéral du navire hydrographe Kinglett en 2012.

2014:

Année après année, Parcs Canada est parvenu à approfondir sa quête tout en gagnant le soutien de plusieurs organismes publics et privés, qui ont contribué à l'effort de recherche et aux relevés. Ainsi, jusqu'en 2014, ses partenaires comptaient Pêches et Océans Canada (le Service hydrographique du Canada et la Garde côtière canadienne), le gouvernement du Nunavut, le Service canadien des glaces d'Environnement Canada, l'Agence spatiale canadienne et l'institution privée Arctic Research Foundation. En 2014, se sont joints le ministère de la Défense nationale (Marine royale du Canada et Recherche et développement pour la défense Canada, voir figure 3) et des organisations privées comme la Société géographique royale du Canada, la W. Garfield Weston Foundation, Shell Canada, Lion TV et One Ocean Expeditions.

Présentée comme la plus importante de tous les temps, l'expédition conduite par Parcs Canada en 2014 allait, avec plus de moyens et de partenaires que jamais, vers la zone de recherche septentrionale du détroit de Victoria, où l'on supposait que les navires avaient été pris par les glaces. Cependant, fidèles à leur histoire, la glace de mer et les conditions météorologiques se sont montrées très peu bienveillantes pendant la période prévue de recherche. Par conséquent, les différents navires ont été dispersés vers d'autres lieux ou missions afin de profiter au mieux de la courte saison sur le terrain dans l'Arctique. Le NCSM Kingston a ainsi été réaffecté dans l'est de l'Arctique à des missions prioritaires de relevés hydrographiques, tandis que le NGCC Sir Wilfrid Laurier et le navire de recherche océanographie (NO) Martin Bergmann ont été déplacés vers le sud dans la zone méridionale de recherche. Après le transfert en mer du NO Investigator au Laurier, le navire à passagers Voyager d'One Ocean s'est dirigé dans les eaux libres pour appuyer les essais en mer du véhicule sous-marin autonome de Recherche et développement pour la défense Canada.

L'enchaînement des événements ayant conduit à la découverte est parti d'une simple invitation de l'hydrographe responsable du SHC, Scott Youngblut. Dans un esprit de coopération, il a en effet proposé à l'équipe archéologique du Nunavut de Douglas Stenton et Robert Park des sièges libres dans un hélicoptère qui survolait les îles à proximité desquelles S. Youngblut devait établir une station de base GPS cinématique pour améliorer l'exactitude de la navigation au moment des relevés. Pendant que l'hydrographe travaillerait pour les activités du SHC, les archéologues chercheraient dans la zone des objets et des sites antiques inuits. Plusieurs îles se trouvant dans les alentours, S. Youngblut a proposé à D. Stenton de choisir l'île présentant le plus d'intérêt. Le nom de l'île en question n'a pas été révélé.

Une fois à terre, S. Youngblut installait la station GPS, les archéologues menaient leur prospection archéologique. Un quatrième membre de l'équipage, le pilote de l'hélicoptère du NGCC Sir Wilfrid Laurier Andrew Stirling, est resté avec les archéologues pour observer les ours blancs et participer aux relevés au sol. Peu après que les archéologues du Nunavut ont commencé à consigner la découverte d'un cercle de tente, A. Stirling a détecté un grand objet incongru, caché derrière une grande roche. Conformément aux protocoles archéologiques, D. Stenton a réalisé le premier examen complet de l'objet sur place. La présence du phéon marqué dans le fer a confirmé sans équivoque possible que la pièce provenait d'un navire de la marine britannique. L'objet, un pied de bossoir de navire en fer, était la première grande découverte formellement mise en relation avec les navires depuis la découverte des notes du cairn par Hobson. Peu de temps après, un deuxième objet, en bois, probablement le bouchon d'un manchon d'écubier de pont a été découvert sur l'île par le pilote.

L'archéologue Jonathan Moore de Parcs Canada et le capitaine Bill Noon du NGCC Sir Wilfrid Laurier ont confirmé qu'il s'agissait du pied du bossoir du NSM Erebus ou du NSM Terror. Après des discussions avec S. Youngblut, l'archéologue principal Ryan Harris a modifié l'étude maritime planifiée par Parcs Canada. Le NO Investigator a été déployé à partir du NGCC Sir Wilfrid Laurier le jour suivant vers sa nouvelle zone de recherche cible. Dans sa seconde ligne de levé de la recherche, le sonar à balayage latéral du NO Investigator a pris les premières images claires d'un navire britannique presque intact, dressé au fond de l'océan.

Plusieurs jours plus tard, l'équipe de Parcs Canada inspectait la zone à l'aide d'un véhicule sous-marin téléguidé (ROV) et confirmait que l'épave était celle d'un navire de Franklin, aperçu pour la première fois après une quête de plus de 166 ans. Quelques jours encore sont passés avant que des archéologues sous-marins réalisent les premières prises de vue directes d'un navire de Franklin à l'aide d'un appareil photographique et de systèmes vidéo sous-marins. La découverte validait ainsi l'histoire orale inuite qui relatait la présence d'un navire dans la région. Le premier ministre du Canada a annoncé la découverte le 9 septembre 2014.

Dans le cadre des opérations de plongée, le SHC a eu la mission de recueillir des données bathymétriques de haute résolution au moyen d'équipements sonars multifaisceaux. Cette technologie de pointe transmet des centaines de faisceaux acoustiques plusieurs fois par seconde dans l'eau pour contribuer à « dessiner » des images très précises du plancher océanique. Elle sert en général à déterminer par des relevés la forme et la profondeur des fonds marins et ainsi à déceler les dangers possibles pour la navigation. En l'occurrence, les données de haute précision recueillies par les sonars multifaisceaux du SHC ont permis la production d'images en trois dimensions de l'épave et son survol numérique. Les archéologues sous-marins ont ensuite analysé les informations recueillies, ainsi que d'autres données de sonar et des observations visuelles faites lors des opérations de plongée, et confirmé que l'épave était le principal bâtiment de l'expédition de 1845, celui commandé par Sir John Franklin, le NSM Erebus. L'annonce officielle de l'identité du navire a été faite devant la Chambre de communes le 1er octobre 2014.

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